N° ACR0000093 - petit séminaire dit "Le Sacré-Cœur", actuellement " ensemble scolaire catholique Les Portes de Chartreuse "

 
Adresse : 387 avenue Stalingrad
  38340 Voreppe
Coordonnées GPS : 45.294754, 5.633567
Coordonnées GPS : 45.294754, 5.633567
Dates Construction : 1931
Date de classement : 2003
Auteur : Pouradier-Duteil (architecte) ; Huré Marguerite (maître verrier) ; Charlier Henri (sculpteur) ; Subes Raymond (architecte) ; William (ferronnier) ; Lesage (orfèvre)
Patrimoine du 20e siècle

Description Historique :

Le Petit Séminaire du Sacré-Cœur du diocèse de Grenoble a été construit en 1931-1933, par l’architecte Pouradier-Duteil. Deux entrepreneurs, Delachanal pour la chapelle, et Dotto pour le reste de l’ouvrage, se partagent le chantier. L’édifice se situe à Voreppe, à 12 km de Grenoble, dans la vallée de l’Isère, entre le Massif de la Chartreuse et celui du Vercors. Destiné à la formation des enfants se préparant à entrer au Grand Séminaire, il est l’héritier du vieux Séminaire qui s’établit en 1816 à La Côte Saint-André, dans l’ancien couvent des Récollets. En octobre 1902, celui-ci se déplace dans les nouveaux locaux du Clapier et se reconstitua à Saint-Antoine, après la séparation de l’Eglise et de l’Etat le 9 décembre 1905. L’abbaye de Saint-Antoine compte 22 élèves en 1907 et 141 en 1914, aussi, pour abriter la totalité des élèves, le site de Voreppe est trouvé. Le nouvel édifice est une construction très aérée, dont la forme concave donnée à la façade sud a été adoptée pour abriter les cours contre les vents du nord-ouest et pour s’adapter à la forme du terrain. Il comprend plusieurs parties bien distinctes : l’administration, la chapelle et la salle de réunions au centre, les locaux scolaires, les services. Par sa position centrale, la chapelle concrétise l’idée qu’a voulu exprimer l’artiste : « qu’elle est l’âme du séminaire ». Ses proportions très élancées rappellent celles de la Sainte-Chapelle à Paris, sa technique, celle de la chapelle franciscaine de l’Immaculée-Conception construite à Arcueil (Ile-de-France) par Auguste Perret en 1928 et inscrite Monument Historique. Les nouvelles formes architecturales de cet édifice, liées à l’emploi du béton armé, ont permis de dégager les murs de toute fonction portante et d’introduire ainsi une autre conception de leurs ouvertures, les claustras. Il s’agit de parois ajourées qui clôturent une baie, inspirées des claustras orientaux et utilisées pour la première fois en 1908 à la cathédrale d’Oran. A ce nouveau cadre architectural d’une ampleur exceptionnelle, le peintre-verrier Marguerite Huré (1896-1967) adapte sa conception du vitrail alliant habilement monumentalité, richesse de coloration tout en tenant compte de l’architecture. Marguerite Huré a voulu évoquer, par le seul jeu des couleurs et des lignes, la vie du prêtre en trois actes : l’appel à la vocation, le don de soi et le retour du père. Ainsi ce décor de claustra participe à la prière, tout comme l’orgue et l’encens, intérêt majeur dans la mesure où il permet le passage du vitrail à l’abstraction. En ce sens, la chapelle du Sacré-Cœur constitue le premier exemple de l’introduction de la symbolique non-figurative dans l’art sacré contemporain. L’ensemble reflète une puissance, une esthétique et une unité quasi sculpturales, par la combinaison et la netteté des lignes droites, l’élancement et la légèreté des poteaux, le jeu des pleins et des vides. Après sept années d’existence, le bâtiment fut victime des obus, la veille de l’Armistice. Le coût des réparations s’éleva à 50 000 francs. A partir de 1968, le Petit Séminaire signa un contrat d’Association avec l’Etat, et le Collège du Sacré-Cœur s’installa dans les locaux. En 1978, une section C.A.P. de boulangerie, détachée de l’Ecole Technique Privée occupa l’aile du bâtiment non utilisée par le Collège. En 1979, la totalité de l’E.T.P. déménage sur le site de Voreppe. La partie LEP et Lycée prend le nom de « La Jacquinière ».

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